" Il faut que vous laissiez chaque impression, chaque germe de sentiment, mûrir en vous, dans l'obscur, dans l'inexprimable, dans l'inconscient. Attendez avec humilité et patience l'heure de la naissance d'une nouvelle clarté. Le temps ici n'est pas une mesure. Être artiste c'est ne pas compter, c'est croître comme l'arbre qui ne presse pas sa sève. "'

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

 

Peindre l'impermanence dans le sillon de la simplicité, de la matière au silence de la lumière.

Ma série "Résonances bleues" invite le spectateur sur le chemin azuré de la spiritualité. Effet miroir dans le bleu de l’impermanence, tout ici est en résonance bleue, l’autre est un autre soi, une invitation à lire en soi-même. 

Ma série "Renaissance" montre le chemin vers la limpidité, renaître, "deviens ce que tu es", dans la lumière qui instaure un dialogue entre couleurs et transparence, fluidité et mouvements, matière et opacité, et qui permet de raconter l'histoire de ce chemin en transfigurant le réel par le jeu des vibrations de lumière, des passages qui dynamisent les tensions spatiales d'une élévation spirituelle. 

Ma série "Suspension" montre la dissolution sereine dans la lumière. La substance des objets se dissout progressivement dans la lumière dans une harmonie de couleur « bleu-vert ». Une confrontation matière-lumière est née, les formes sont en suspension dans le bleu de l’impermanence. La lumière est un guide qui désormais ne me quitte plus. Elle devient progressivement prédominante sur la forme qui reste présente mais cette dernière va comme se dissoudre ou s’évanouir dans la lumière. Ma peinture glisse doucement de la matière à la lumière jusqu'à l'éblouissement.

De la route du temps à la route des nuages : ma constante préoccupation du passage du temps aboutit dans ma série " La route des nuages " à un abandon, un lâcher-prise, au dépouillement, une connexion à la peinture de façon cathartique qui devient sereine en lien au sacré et qui réponde à aucune pensée coordonnatrice, la voie d'accès au ciel. 

Ma série "Intervalle" nous invite dans l'entre-deux de l’espace ou du temps. C'est l'univers des portes de passage et des cheminements entre les mondes intérieurs et extérieurs, les passages imaginaires, les états de conscience modifiée, les réminiscences. Cet intervalle suppose une situation, une ambiance et une certaine dynamique commune, la solidarité de l'espace et du temps. C'est l'intervalle en termes d'espace, donc cela signifie un intervalle entre deux choses qui sont en corrélation (par exemple entre deux nuages ou entre deux roches, entre deux arbres). Et c’est l'intervalle en termes de temps, cela signifie une pause entre des faits qui se suivent, un interstice entre le passé et le futur, la présence d'un instant d'Eternité. Il est question de rythme, d'impermanence, comme entre deux notes de musique ou entre deux couleurs qui constituent la mélodie : « un ton n'est qu'une couleur, deux tons sont un accord, c'est la vie » soulignait Matisse.

C'est dans l'entre-deux de l'espace et du temps, dans "l'intervalle" qu'une transition absolue et subtile opère et que notre mémoire compose alors avec nos émotions et notre chemin intérieur. Elle est une autre dimension de notre réalité et possède son propre espace d'existence à un autre plan de conscience, à un autre niveau vibratoire. Ma série "Mémoires du futur" traduit cette conscience claire libérée des contraintes.     

Terres de liberté et éloges des sanctuaires et du vivant, ma série "Eloges" constitue un corpus d’œuvres où les formes sont les mots, les couleurs forment les rimes, une poésie visuelle reliée par les émotions mettant en valeur le calme et l'équilibre des paysages pour nous mener sur le chemin d’une plénitude oubliée. Les changements constants dans la nature m'ont imprégné du sentiment d'impermanence, une réflexion sur la fragilité de la vie et la recherche du sens. L'impermanence est un principe d'harmonie.  

Sérénité minérale et pureté spiritualisée, ma série « Rythmes telluriques » dévoile une émotion issue de la densité d'une texture caractérisée par l’application de pigments naturels appariés qui se mêlent à une matière organique constituée principalement de mortier au sable que je pétrie avec la main et sculpte avec la spatule. La richesse des matières et des formes est le dénominateur commun de mon travail. Je cherche à magnifier la pureté de la matière qui m’apporte en retour sa sérénité car les rochers et les lignes texturées permettent ici une communion directe avec les forces de vie et libèrent les tensions internes. Capteur d'énergie mais aussi image du passage du yin et du yang, les altérités formées par les empâtements sculpturaux forment l’épaisseur de la vie, le temps qui passe, et les aspérités de l’âme humaine. Ainsi, ce qui gouverne mes créations ici, c'est le rythme tellurique orchestré par les stries, les creux, les reliefs, les veines, et tous les mouvements de la terre venus du fond des âges, sources du mental profond.  Les montagnes sont une force symbolique, le tableau est un organisme vivant que je fais réagir.

 

 
 
 
 

Dominique Meunier artiste peintre

« Mon Chemin » .....

En Hommage et Partage

à Dominique MEUNIER

 

 

« Ailleurs est un pays d’unité » Patrick Cloux,

« Où nul chemin n’était tracé, nous avons volé . » R.M.Rilke

« L’oiseau qui annonce le jour chante l’approche de la lumière. » Prudence de Saragosse

 

Dans le déroulé d’écarlat d’un fil en son étiré, son immobile et persistante présence, passe le défilé en absence d’un in-su inscrit dans le Mystère d’une puisée d’un voyage entre l’écart et le don d’une trace qui en sa désignation dit à la fois la passée d’un tremblé de temps, son bruissement figé d’arrière -pays et comme brise légère, l’égrené d’un murmure dans le pays vibrant des coulées de lumière.

« Mon Chemin » s’é-puise entre déchirure et éblouissement d’une part et consigne d’autre part l’intensité d’une traversée qui là-bas au loin, repose sur un ailleurs divin......astreint dans l’impénétrable d’une mort en sa passée d’à-venir......comme un coupé de vie dans son ourlé d’ivresse....

Entre l’extérieur d’une rutilante aurore et l’intérieur d’une nouvelle lumière, « Mon Chemin » capte l’apparition du sacré d’un passage dans le vent d’un matin entre le glissement des rochers de solitude , leur révélation de Lumière céleste et le jaillissement lumineux d’une naissance portée à l’incandescence. Sa constance d’être.....

Le peintre revient d’une entrée en Lumière, celle qui provient du réel aux abords du sur-réel devenu figure d’Éternité. S’opère alors une trouée dans la profondeur des grâces, un en face d’une quête ascensionnelle d’un secret de parole en léger murmure.....

S’y propage la fragile traversée entre strates géologiques et telluriques vers la présence du Mystère, son axe essentiel dans le premier pas du jour....son accomplissement d’être dans le temps des chants.

Un miracle se produit et se renouvelle dans l’étalé des couleurs du peintre: ce perpétuel harmonique d’une renaissance toujours recommencée. D’une origine et d’un destin dans l’approche d’une unité dans un diffusé de Lumière.

Or voici qu’apparaît une aube inapparente dans l’opalescence d’un jardin ouvert : est-ce le ciel qui parle au dehors, son instance de Lumière.?.....Célébration d’une existence- Lumière ....

« Mon chemin » baigne dans l’enchantement de la terre, jusqu’à donner à voir ce qui se défait demain et à jamais. Il annonce une vibrante ivresse de renaître....

Fondu en une unité de contraste, il nous offre l’épreuve d’un entre-deux monde. Diapré d’or et de vivante lumière . Matière du petit jour dans la lactescence d’un matin, rejoint en un tremblement de coeur, ce qui en ferme également l’accès.

Soudain, le chemin s’immobilise. Secrètement « chemin » . Il nous accueille en son seuil tamisé d’éclats étoilés de douce lumière . Vibrant de cette tendresse de ce qui tarde à venir.....flamboiement céleste d’un accès tout neuf , renaissant du fond de l’innombrable des couleurs-lumière, un posé d’étoffe ombreuse sur un sentier de crête à la rencontre de constellations ....

« Mon chemin » en un seul et unique temps à la rencontre des sommets qui se rapprochent à ciel ouvert en un déplié dans la lumière ....

Une seule chose est à attendre, proprement essentiel de la peinture de Dominique MEUNIER : son pinceau et ses couleurs qui en leur éclat rallument les lumières vers le plus haut. En son être de lumière où s’abandonne l’indéchiffrable des mots de son ciel étoilé, la recherche du peu, du rare. Où l’abandonné d’une floraison de lumière dit du peintre l’être lui-même. Sa peinture coïncide avec l’avènement toujours à reprendre de l’instant présent, sa correspondance entre un enduré de chair et ce que l’oeil a vu.....

Là en cet inouï advenu paysage où l’obscur et le secret désignent la brisure ramandée en son enveloppé de lumière.

Le peintre sorti en-dehors de lui-même, en filigrane, repeint le ciel pour chaque Homme dans la nuit. En ce don de lumière, Dominique Meunier saupoudre le monde d’une sagesse comme ciel ouvert d’un orient où naissent nos jours.

Voici arrivé le temps du chant, et des louanges. Peintre passeur d’étoiles dans l’espace sans fin des bruissements de silence, Dominique MEUNIER reprend son chemin, dire l’absolu de la beauté, sa voix de vivante lumière. Son chiffre de présence et des louanges de silence.

Martine PIERRE-PILON Philosophe et auteur, Peintre-graveur.

En profonde amitié fraternelle à vous Cher Dominique

 

 

Dominique Meunier artiste peintreÀ la rencontre d’un tableau : « Océan »

On ne peut rester indifférent, devant la beauté de ce tableau, où se mêlent des bleus d’une grande intensité, à la fois lumineux et vibrants.

La texture très particulière, donne un relief significatif, d’un Océan, à la fois calme et tourbillonnant. Le peintre cherche à donner vie à la matière, à la spiritualiser. Dans une gestuelle libératrice, il construit alors des effets de texture au moyen d’une formule singulière de mortier au sable qu’il sculpte en imprégnant des pigments naturels, et il revient une fois séchés, pour approfondir, tant la matière que les tonalités, la lumière guidant son travail, dans sa quête d’harmonie et d’équilibre.

La linéarité du ciel, qui se fond dans l’eau, attire notre regard, où l’on sentirait presque la brume nous effleurer.

La lumière et la profondeur, l’infini, que le peintre a voulu représenter dans son tableau, nous rappelle que nous ne sommes pas qu’une goutte dans cet absolu, qui apparaît et disparaît, mais bien l’absolu tout entier ! L’homme n’est pas perdu dans l’univers, il revient à sa condition normale et s’harmonise avec l’ordre cosmique. Son absence ici souligne sa présence invisible et la profondeur de son âme.

Les rochers nous interrogent, qui semblent définir et retenir la puissance de cette eau, ou chacun peut ainsi, faire référence à son ressenti, à son vécu, laissant le libre choix à sa sensibilité. Parfois remparts aux forces océaniques, refuges protecteurs des courants opposés, quintessences du Ciel et de la Terre qui les a façonnés à l’égal des êtres vivants en les dotant de l’énergie vitale, souffle de l’univers, les rochers sont ici les gardiens intemporels du temps qui orientent les passages pour le grand large, les horizons lointains, le rêve, mais aussi le voyage de la résilience...

Le calme régnant dans la poésie de ce paysage nous montre que le peintre prend refuge. Il nous emmène ainsi, dans un monde onirique et subtil, il introduit une tension, entre le réel et l’imaginaire, ce que l’on pense voir, entre le visible et le caché, chaque tableau pouvant cacher bien des choses. Le peintre nous transmet sa dimension spirituelle, sa nature profonde, son chemin intérieur, son calme mental, l’état méditatif mais aussi la réminiscence qui peut être douloureuse lorsque les courants emportent…

Christine RAMONI, amie du peintre, fille du peintre et verrier suisse BODJOL

 

REFLETS
 
Comme un son magnétique, une onde irisante,

Miroir intérieur de ce qui "Est".

 
Crépuscule, Aurore ou nul autre

Une force m'attire vers cette lumière lointaine,

Écho de vie,

Chants de Sirènes,

Une entrée vers les danses éternelles.

 
Comme un Roman qui surgit de nul part, 

Le miens, le vôtre, 

Mystère du monde.

Nous sommes les Veilleurs,

Chercheurs de vérité,

Qui patiemment, derrière ce bleu, où le plein Chaos n'existe

plus, espérons l'éternité.


Rébecca Noblot-le Beuf. Artiste plasticienne. Professeur d'arts (académie de Reims) 
 
Inspiration: Reflets. Dominique Meunier ( Peinture acrylique et techniques mixtes 2019)