Dominique Meunier artiste peintre

Mon chemin, 2017 - Techniques mixtes sur bois 60 x 120 cm

« Mon Chemin » .....

En Hommage et Partage

à Dominique MEUNIER

 

 « Ailleurs est un pays d’unité » Patrick Cloux,

« Où nul chemin n’était tracé, nous avons volé . » R.M.Rilke

« L’oiseau qui annonce le jour chante l’approche de la lumière. » Prudence de Saragosse

 

Dans le déroulé d’écarlat d’un fil en son étiré, son immobile et persistante présence, passe le défilé en absence d’un in-su inscrit dans le Mystère d’une puisée d’un voyage entre l’écart et le don d’une trace qui en sa désignation dit à la fois la passée d’un tremblé de temps, son bruissement figé d’arrière -pays et comme brise légère, l’égrené d’un murmure dans le pays vibrant des coulées de lumière.

« Mon Chemin » s’é-puise entre déchirure et éblouissement d’une part et consigne d’autre part l’intensité d’une traversée qui là-bas au loin, repose sur un ailleurs divin......astreint dans l’impénétrable d’une mort en sa passée d’à-venir......comme un coupé de vie dans son ourlé d’ivresse....

Entre l’extérieur d’une rutilante aurore et l’intérieur d’une nouvelle lumière, « Mon Chemin » capte l’apparition du sacré d’un passage dans le vent d’un matin entre le glissement des rochers de solitude , leur révélation de Lumière céleste et le jaillissement lumineux d’une naissance portée à l’incandescence. Sa constance d’être.....

Le peintre revient d’une entrée en Lumière, celle qui provient du réel aux abords du sur-réel devenu figure d’Éternité. S’opère alors une trouée dans la profondeur des grâces, un en face d’une quête ascensionnelle d’un secret de parole en léger murmure.....

S’y propage la fragile traversée entre strates géologiques et telluriques vers la présence du Mystère, son axe essentiel dans le premier pas du jour....son accomplissement d’être dans le temps des chants.

Un miracle se produit et se renouvelle dans l’étalé des couleurs du peintre: ce perpétuel harmonique d’une renaissance toujours recommencée. D’une origine et d’un destin dans l’approche d’une unité dans un diffusé de Lumière.

Or voici qu’apparaît une aube inapparente dans l’opalescence d’un jardin ouvert : est-ce le ciel qui parle au dehors, son instance de Lumière.?.....Célébration d’une existence- Lumière ....

« Mon chemin » baigne dans l’enchantement de la terre, jusqu’à donner à voir ce qui se défait demain et à jamais. Il annonce une vibrante ivresse de renaître....

Fondu en une unité de contraste, il nous offre l’épreuve d’un entre-deux monde. Diapré d’or et de vivante lumière . Matière du petit jour dans la lactescence d’un matin, rejoint en un tremblement de coeur, ce qui en ferme également l’accès.

Soudain, le chemin s’immobilise. Secrètement « chemin » . Il nous accueille en son seuil tamisé d’éclats étoilés de douce lumière . Vibrant de cette tendresse de ce qui tarde à venir.....flamboiement céleste d’un accès tout neuf , renaissant du fond de l’innombrable des couleurs-lumière, un posé d’étoffe ombreuse sur un sentier de crête à la rencontre de constellations ....

« Mon chemin » en un seul et unique temps à la rencontre des sommets qui se rapprochent à ciel ouvert en un déplié dans la lumière ....

Une seule chose est à attendre, proprement essentiel de la peinture de Dominique MEUNIER : son pinceau et ses couleurs qui en leur éclat rallument les lumières vers le plus haut. En son être de lumière où s’abandonne l’indéchiffrable des mots de son ciel étoilé, la recherche du peu, du rare. Où l’abandonné d’une floraison de lumière dit du peintre l’être lui-même. Sa peinture coïncide avec l’avènement toujours à reprendre de l’instant présent, sa correspondance entre un enduré de chair et ce que l’oeil a vu.....

Là en cet inouï advenu paysage où l’obscur et le secret désignent la brisure ramandée en son enveloppé de lumière.

Le peintre sorti en-dehors de lui-même, en filigrane, repeint le ciel pour chaque Homme dans la nuit. En ce don de lumière, Dominique Meunier saupoudre le monde d’une sagesse comme ciel ouvert d’un orient où naissent nos jours.

Voici arrivé le temps du chant, et des louanges. Peintre passeur d’étoiles dans l’espace sans fin des bruissements de silence, Dominique MEUNIER reprend son chemin, dire l’absolu de la beauté, sa voix de vivante lumière. Son chiffre de présence et des louanges de silence.

Martine PIERRE-PILON Philosophe et auteur, Peintre-graveur.

 

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Dominique Meunier artiste peintre

Océan, 2018 - Techniques mixtes sur bois 60 x 80 cm

 

À la rencontre d’un tableau : « Océan »

On ne peut rester indifférent, devant la beauté de ce tableau, où se mêlent des bleus d’une grande intensité, à la fois lumineux et vibrants.

La texture très particulière, donne un relief significatif, d’un Océan, à la fois calme et tourbillonnant. Le peintre cherche à donner vie à la matière, à la spiritualiser. Dans une gestuelle libératrice, il construit alors des effets de texture au moyen d’une formule singulière de mortier au sable qu’il sculpte en imprégnant des pigments naturels, et il revient une fois séchés, pour approfondir, tant la matière que les tonalités, la lumière guidant son travail, dans sa quête d’harmonie et d’équilibre.

La linéarité du ciel, qui se fond dans l’eau, attire notre regard, où l’on sentirait presque la brume nous effleurer.

La lumière et la profondeur, l’infini, que le peintre a voulu représenter dans son tableau, nous rappelle que nous ne sommes pas qu’une goutte dans cet absolu, qui apparaît et disparaît, mais bien l’absolu tout entier ! L’homme n’est pas perdu dans l’univers, il revient à sa condition normale et s’harmonise avec l’ordre cosmique. Son absence ici souligne sa présence invisible et la profondeur de son âme.

Les rochers nous interrogent, qui semblent définir et retenir la puissance de cette eau, ou chacun peut ainsi, faire référence à son ressenti, à son vécu, laissant le libre choix à sa sensibilité. Parfois remparts aux forces océaniques, refuges protecteurs des courants opposés, quintessences du Ciel et de la Terre qui les a façonnés à l’égal des êtres vivants en les dotant de l’énergie vitale, souffle de l’univers, les rochers sont ici les gardiens intemporels du temps qui orientent les passages pour le grand large, les horizons lointains, le rêve, mais aussi le voyage de la résilience...

Le calme régnant dans la poésie de ce paysage nous montre que le peintre prend refuge. Il nous emmène ainsi, dans un monde onirique et subtil, il introduit une tension, entre le réel et l’imaginaire, ce que l’on pense voir, entre le visible et le caché, chaque tableau pouvant cacher bien des choses. Le peintre nous transmet sa dimension spirituelle, sa nature profonde, son chemin intérieur, son calme mental, l’état méditatif mais aussi la réminiscence qui peut être douloureuse lorsque les courants emportent…

 

Embrasement, 2020 - Techniques mixtes sur toile 40 x 40 cm

Au dernier soleil du soir, lorsque doucement il disparaît derrière les montagnes, s'embrase alors le paysage dans un ultime don que seul peut voir celui qui regarde au-delà.

Emerge alors cette vibration si particulière d'une beauté inaltérable.

Spectateur je mesure alors ce qui m'a été donné et ne sera jamais repris.

Le calme immense d'une nature radieuse qui se suffit à elle-même.

Je suis invitée par elle et ne la posséderais jamais, bien après moi elle continuera à s'émerveiller, à s'offrir à nos regards avec une plénitude totale.

Alors je mesure l'infini de nos vies et sa finitude...

Christine RAMONI, amie du peintre, fille du peintre et verrier suisse BODJOL

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Reflets, 2018 - Techniques mixtes sur toile 40 x 120 cm

 

REFLETS
 
Comme un son magnétique, une onde irisante,

Je reçois cet univers énigmatique,

Miroir intérieur de ce qui "Est".

 

Crépuscule, Aurore ou nul autre

Une force m'attire vers cette lumière lointaine,

Écho de vie,

Chants de Sirènes,

Une entrée vers les danses éternelles.

 
Comme un Roman qui surgit de nulle part, 

Le miens, le vôtre, 

Mystère du monde.

Nous sommes les Veilleurs,

Chercheurs de vérité,

Qui patiemment, derrière ce bleu, où le plein Chaos n'existe

plus, espérons l'éternité.


Rébecca Noblot-le Beuf. Artiste plasticienne. Professeur d'arts (académie de Reims) 
 

 

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Dominique Meunier

Odyssée, 2019 - Techniques mixtes sur toile 50 x 100 cm

Lumière en forêt

A première vue, cette oeuvre de Dominique Meunier représente un étang d'eau claire en forêt. Les arbres s'y reflètent; le vert sombre des sapins se marie aux feuillages ocres de l'automne. Mais l'on s'approche et l'image se transforme à mesure. D'autres signes y surgissent, celui de l'eau d'abord, moins claire qu'il n'y paraît, avec des formes venues des profondeurs, en ocre brûlé et bleu verdi. En surface, peut-être des plantes aquatiques avec leurs fleurs esquissées. Des herbes aussi, par endroits, qui soulignent la puissance de la végétation. Cette eau irrigue le tableau, dans son calme et sa limpidité. Sa lumière, si pure, si fraîche, envahit toute la forêt.

Le regard se lève alors vers la rive où la masse des sapins prend une tonalité plus inquiétante, obscurcissant l'absence de ciel et faisant ressortir d'autant la clarté de l'eau. L'ocre des feuillages laisse entrevoir d'autres dangers, celui de l'incendie, celui de l'hiver qui s'approche, auxquels s'oppose la fraîcheur virginale de l'eau. Equilibre entre les verticales menaçantes de la forêt et l'insondable clarté de l'eau.

C'est cet équilibre qui, à mon sens, caractérise la manière de ce peintre, entre le yin et le yang, que l'approche de la Chine lui a fait découvrir, entre ombre et lumière, froideur des verts et chaleur des ocres. Tout le tableau repose sur cette fusion des contraires, sur l'harmonie sous-jacente de cette lumière en forêt.

Michel WORONOFF. Professeur émérite des Facultés. Professeur de Langues, littérature et civilisation de la Grèce antique. Président honoraire de l'Université de Franche-Comté. Membre de la Conférence nationale des Académies de province (CNA). Auteur et traducteur, spécialiste d'Homère, L'Iliade et L'odyssée.

 

Ils ont cloué le ciel

Ils ont cloué le ciel, 2020 - Techniques mixtes sur toile 30x30 cm

 

« Ils ont cloué le ciel »

 

« 8 Elles sortirent et s’enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » (Marc 16, v.8)

Tout est noir, bouleversé, sans vie, sans espoir ni espérance. Mais que reste-t-il donc de l'être humain qui a « cloué le ciel » ? Que reste-t-il de l'humanité effrayée ?

Ils ont cloué Dieu sur une croix. Pourquoi ? Simplement parce qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient ? Non. Ils ont cloué un homme qui était leur miroir en humanité. Cet homme leur disait pourtant des choses simples : de s'aimer les uns les autres, et de ne pas oublier le ciel. Il était le ciel venu à notre rencontre, et les hommes de son temps ne l'ont pas supporté. Il était trop vrai, trop dépouillé, trop étranger, trop lucide sur le monde, trop honnête et bousculant pour les hommes et les femmes. Trop...

« 8 Caïn parla à son frère Abel et, lorsqu’ils furent aux champs, Caïn attaqua son frère Abel et le tua. 9 Le Seigneur dit à Caïn : "Où est ton frère Abel ?" – "Je ne sais, répondit-il. Suis-je le gardien de mon frère ?" – 10 "Qu’as-tu fait ? reprit-il. La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi". » (Genèse 4, v. 8-10)

Mais « qu'as-tu fait de ton frère ? Je l'ai cloué au bois. C'était sans espoir, il était préféré du Père, l'unique de Dieu. Je suis jaloux. Alors je l'ai tué. Au pied de cette croix, de ce bois sur lequel est cloué le ciel, nous sommes une nuée dans le noir du tombeau.

Et pourtant, deux hommes parlent à cette croix. Deux espoirs pour l'humanité.

« 39 L’un des malfaiteurs crucifiés l’insultait : "N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous aussi !" 40 Mais l’autre le reprit en disant : "Tu n’as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ! 41 Pour nous, c’est juste : nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais lui n’a rien fait de mal." 42 Et il disait : "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi." 43 Jésus lui répondit : "En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis". » (Luc 23, v. 39-43)

Ce voleur, ce brigand, mais croyant au fond de lui-même, a vu et compris qu'il y a un temps pour tout. Un temps pour reconnaître, être honnête et sauver sa peau. Car la mort est imminente. Il n'est plus temps de mentir, aveuglé par la méchanceté. Il est toujours temps de regarder cette lumière blanche venue du ciel, éclairant cette croix si noire du cloué.

« 39 Le centurion qui se tenait devant lui, voyant qu’il avait ainsi expiré, dit : "Vraiment, cet homme était Fils de Dieu". » (Marc 15, v. 39)

Ce soldat étranger, romain, païen, ennemi, a vu et compris que tout cela n'était pas normal. Il a reconnu cet homme unique, Fils de Dieu, Fils du ciel, cloué au bois. La lumière du ciel a éclairé ce mystère, malgré les ténèbres au pied de la croix.

« 11 Et voici, l'Éternel passa. Et devant l'Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : l'Éternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre. 12 Et après le tremblement de terre, un feu : l'Éternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. 13 Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. » (1 Rois 19, v. 11b-13a).

Élie n'a plus peur comme ces femmes au tombeau, il se tient à l'entrée de la caverne, à la lumière venue du ciel. Il attend, après cette rencontre tenue avec son Dieu, le Dieu de tous les possibles, le Dieu de la rencontre.

Et nous ?

Qu'attendons-nous quand nous contemplons ce tableau « Ils ont cloué le ciel » ?

Emmanuel Argaud, Théologien, ami du peintre.